On remporte le National F15 - 2025

Publié le par YCPF

 Pour notre première participation et 1ère navigation à Moisson Lavacourt.

Nous partons tôt pour éviter de possibles encombrements en RP, notre vieux F15 de 63 ans en attelage. La météo annonce du N.E. à S.E. de petit médium à vents légers pour le week-end, le trajet est salué d’averses. On découvre un plan d’eau splendide avec une nature dévoilant ses belles couleurs d’automne mais on ne perd pas de temps, il faut préparer le bateau. Forts de l’expérience prise sur les régates locales des championnats du CDV-77, nous espérons faire podium en catégorie « Classique ». Nous appréhendons ce moment avec sérieux, c’est une compétition importante et je suis lié à son organisation, il faut que ce soit une réussite. Notre « vieille armoire anglaise » en acajou est regardée avec intérêt par la concurrence. Ce bel exemplaire en bois rénové par mes soins est très bien conservé. Cette construction artisanale du chantier « Chippendale » a été protégée par feu Mr Geoff Town de Blackmore et son épouse qui ont navigué sur ce bateau pendant 40 ans. Il l’a cédé à notre équipage mixte français parce que nous leur ressemblions et en prendrions soin. On se dit qu’on aura au moins le « prix d’élégance » à défaut de mieux. C’est le plus vieux F15 connu en France, il faudrait éviter les rayures lors de la mise à l’eau « acrobatique » avec la grue du CVML et lors des départs : et bien c’est raté ! Il faudra faire des retouches...

On ne peut rien avaler, on n’est pas prêt et c’est déjà l’heure du briefing dispensé par Paule Marie, Présidente du Comité de course et Secrétaire de la Ligue FFV Ile-de-France. Le Y.C. Dinard est présent avec deux F15 Open : quiconque a navigué avec eux sait qu’ils font un cap et une vitesse supérieurs surtout en eau agitée et vent soutenu. On envisage mal pouvoir rivaliser. Le CVBS est présent avec 4 bateaux : c’est un autre fief du F15 en Ile-de-France et leurs équipages sont expérimentés multi-supports. Attention, danger ! Nos amis Belges savent aussi bien jouer du F15, eux aussi ont de quoi
courir devant. A l’YCPF, Laurent et Stéphane seront des concurrents directs pour un podium en « Classique » sur leur 2173. Hervé / Isabelle sur le 2875 et François / Bernard sur le 2023 sont encore en apprentissage mais tout est possible : qu’on soit nul, qu’ils soient meilleurs ou qu’on doive abandonner sur problème matériel ou de santé... bref, le stress est là. Avant le 1er départ, on a la boule au ventre. En attendant la procédure, on fait des ronds dans l’eau, on observe où aller ; pour s’occuper, on échafaude des stratégies et des hypothèses, bien inutiles, le vent n’étant pas établi.
Après quelques tergiversations et difficultés à mouiller un parcours équitable vu les vents aléatoires, le premier départ est enfin lancé dans un médium léger dispersé et difficile à anticiper. Mauvais départ pour nous ; tant pis ou tant mieux, ils sont tous à gauche à se gêner, improvisons, partons vite à droite et peu importe, allons où il y a du vent même si la route n’est pas la plus courte mais allons-y vite. A notre grande surprise, on gagne cette première manche pour 1’’ en temps réel sur le 3799. Stupéfaction !

C’est la chance du débutant ? A bord, on a déjà gagné notre WE avec cette place totalement inattendue ; désormais, il ne peut que nous arriver des catastrophes, se dit-on. On s’attend à tout et surtout au pire ! Pourtant, on est impatient que la 2ème soit lancée pour le savoir.
Le vent est un peu monté, le plan d’eau est plus lisible, il y a plus de tours à parcourir. Les bancs d’algues disséminés un peu partout nous obligent déjà à faire des marches arrière en mettant la GV à contre : il faudra escompter sur des erreurs devant pour se rattraper. Pourtant, à notre grand étonnement, on gagne à nouveau cette 2ème manche en temps réel avec 30’’ d’avance. On n’y croit pas, surtout que les « Open » ne sont pas directement derrière nous mais 4ème, 6ème et 7ème. Ils ont dû avoir un problème ou de la malchance..., cela n’a pas été notre cas pour cette fois ci. Merci ! Soirée tranquille à l’extérieur, on débriefe les erreurs, les cafouillages, les réglages mais aussi les bons choix.
La nuit est nulle ; le centre de vacances qui nous héberge est plein de gamins bruyants, la literie est catastrophique, le sommeil est impossible avec mon épaule en vrac depuis un mois malgré les anti- douleurs : faut faire avec. « Au secours » le réveil du samedi matin. Malgré un super petit déjeuner à la cafétéria de la base, il faut se remobiliser et se préparer. Avec retard, les courses 3 à 6 seront lancées avec un vent oscillant en force et direction. Sur la course 3, nous terminerons 2èmes à 10’’en temps réel derrière des Open dinardais et à 15‘’ sur la 4ème. On se plante dans les herbes sur la 5ème ; le 4140 s’échappe, nous finissons 2èmes en réel à 1’23’’. Nous remporterons la dernière du jour en temps
réel ex-aequo avec le 3799. Le classement se précise et nous comprenons que nous pouvons remporter la catégorie « Classique » ainsi que le classement Général : on n’y croit pas !
Ce ne sont pas les 2 dernières manches du dimanche que nous aurons courues « au radar », puisque très peu dormi à nouveau, qui changeront quoi que ce soit, surtout dans cette pétole où notre vieux « Toffee » pourtant en surpoids (360 kg) parvient tout de même à se faufiler dans la flotte : on arrive avec 2’ d’avance sur le 2ème à la course 7 et 2èmes en temps réel 15’’ derrière le 3799 à la 8ème qui fut raccourcie, le vent s’essoufflant à mesure ; c’est suffisant pour être déclarés 1ers en temps corrigé.

Grande émotion pour Claire et moi qui avons timidement commencé à courir 2 ou 3 courses en F15 par an à partir de 2015. Parvenir à ce résultat, qui, s’il était improbable sur le papier 48h avant et risque de ne jamais se reproduire, outre que cela restera pour nous un magnifique souvenir, est la conjonction de plusieurs facteurs favorables coïncidents : un bateau préparé en bon état de fonctionnement, un équipage rodé et assez expérimenté pour ce type d’environnement (eau plate, vent léger médium qui sont des conditions idéales pour cet ancêtre de 63 ans). Les quelques régates courues par an et les conseils avisés de coureurs croisés sur les pontons nous ont permis de progresser. Nous sommes bien loin du niveau de nos amis anglais qui régatent 50 à 60 fois dans l’année. Aussi, c’est avec beaucoup d’humilité et de modestie que nous relativisons ce résultat validant 4 courses gagnées en temps réel et 4 en temps compensé sur les 8 courues. Et même si nous gagnons aussi sans le temps compensé, ce n’est pas prêt de se renouveler ! Cela dit, remporter un National de grade 4 n’est pas n’importe quoi ; nous apprécions d’avoir atteint un objectif qui vient récompenser un travail d’équipe et une implication qui nous a valu déjà 7 titres départementaux consécutifs. Mais nous sommes loin du palmarès de Christian Hardy, malheureusement absent cette fois-ci, notre seul « champignon du monde » français de F15 en catégorie « Silver » ; c’était il y a 10 ans !

SOLAZZO ARNAUD & CLAIRE MORTREUIL (Flying Fifteen n°598 Chippendale de 1962)

 

Arrivées Temps réel-Temps compensé national F15 2025

Course 1

 

Course 2

 

Course 3

 

Course 4

 

Course 5

 

Course 6

 

Course 7

 

Course 8

 

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